Du 24.12.14 au 21.1.15
Depuis notre dernière publication il y a eût (c'est déjà loin) les fêtes de noël et du jour de l'an que nous avons également fêté !
On a profité des retrouvailles avec les cousins pour se faire un bon resto au pied du sapin. Petit concert de jazz d'ascenseur en fond, au menu verres de pif et petits fours mais aussi, cerise sur le gâteau et parce que la Birmanie est une ancienne colonie Anglaise, de la Dinde au cranberry, Applaudissements ! et en guise de "trêve des confiseurs" on n'a pas mangé de riz ce soir là !
Rangoun ou Yangon ex-capitale (la capitale administrative a été déplacée) est la plus grande ville de l’ex-Birmanie
désormais appelée Myanmar. Ne pas l'employer chagrine le régime il ne
faut donc pas s'en priver car nous, nous pouvons le faire et Birmanie c’est tellement plus
joli.
On ressent que l’on a quitté l’Asie du sud-est pour
les Indes. La Birmanie, pays frontalier du Bangladesh, de la Thaïlande, du Laos et de la
Chine s’étend du golfe du Bengale jusqu’au Tibet dont il est aussi voisin. Ce pays est le croisement de ces
cultures, de ces peuples, nous sentons que nous changeons d’histoire et
d’héritage.
La population est composée de
nombreuses ethnies les Shans, les Kachins, les Karens, les Inthars... et les Birmans qui sont les plus nombreux. Certains se battent encore pour préserver
leur autonomie/indépendance, c’est pourquoi certaines zones sont interdites
aux touristes, ou accessibles uniquement après en avoir sollicité
l’autorisation longtemps à l'avance. Des rebelles toujours en armes, joueraient les prolongations d’une partie mal engagée mais pas perdue. Ils sont pour certains organisés politiquement, mais dans une dictature conduite par une
junte militaire ça n’a peu ou pas de poids.
Le Thanaka qui orne les joues et le visage des femmes et des enfants est extrait du bois de deux arbres très répandus en Birmanie. Ce bois une fois sec est frotté contre une pierre donne une poudre d’une couleur jaune pâle qui une fois mélangée avec un peu d’eau donne une solution applicable sur la peau. Quasiment inodore, certains bois sentent plus que d’autre en fonction de leur région de provenance, elle protège du soleil et c’est semble-t-il une habitude, un usage qui remonte à plusieurs siècles. Le résultat est dans bien des cas splendide. Avec deux ronds jaunes sur les pommettes et un petit trait sur le nez, le visage est mit en valeur, ça vous met les yeux en joie, ça vous charme tant c’est beau. Certaines femmes font de petits motifs, des traits sur les joues, ou dessinent des fleurs, d’autres en ont le visage recouvert du front jusqu’au torse. Les enfants aussi en sont souvent barbouillés ce qui leur donne un minois à croquer.
Après 2 nuits à Yangon nous avons pris les rails, direction Kalaw.
Le train part de la gare centrale de Yangon, depuis la voie ferrée on aperçoit l’envers du décor, en l’occurrence, les décharges à ciel
ouvert qui se consument avec leur forte odeur de plastique, les jardins, les
bidonvilles, leurs marchés, leurs places, leurs terrain de jeux et tous les habitants des bords du
rail qui nous laissent, le temps d’un instant entre-apercevoir leur intimité
d’infortune. Au fur et à mesure que nous nous éloignons de la ville la végétation reprend, petit à petit, ses droits.
Pour imaginer le ferroviaire
birmans, il faut penser à une calèche en métal (accrochez-vous bien, où que
vous soyez). Le takatak takatak takatak des sabots métallisés sur les rails
sont plus vrais que nature. Les mouvements, de haut en bas, alternés avec ceux de
droite à gauche le sont tout autant. L’allure est lente, c’est heureux pour
voir le paysage, éviter les éventuels obstacles (vaches ou buffles en général)
et plus simplement pour éviter de se retrouver sur le flan. A l’intérieur c’est
une symphonie métallique, ça couine, ça grince, ça crisse, les portes claquent
et ça siffle. Le son colle parfaitement à l'image. Se déplacer à bord demande un sens aiguë de l’équilibre, on évite de se lever pour rien, et pour aller pisser, on se cramponne, on joue des coudes et
on regrette de n'avoir pas apporté ses bottes en caoutchouc !
Puis il y a l’animation générale ,tout le jour et toute la nuit durant, les vendeurs et vendeuses de bouffe, d’alcool, de tabac montent instantanément dans les wagons dès que l’on approche d'une gare, coiffés d’un
grand plateau et qui hurlent afin de réveiller de potentiels acheteurs désireux
en pleine nuit d’obtenir le « silence ». Ça tangue au point de vous mettre
le mal de mer, en wagon couchette (plus confortable tout de même), ça balance,
ça berce et l’on n’est pas totalement serein lorsque vient le moment de fermer l’œil.
A 14h, soit 24 heures plus tard et après avoir traversé au petit matin des paysages magnifiques nous arrivons à destination.
Kalaw, Ô Kalaw... qu'on y était bien ! A plus de 4 356 feet d'altitude (vous ferez le calcul) cette charmante petite bourgade est encerclée de montagnes. Il y faisait un peu frais, "ça a été notre hiver à nous". Pendant une petite semaine, nous nous sommes baladés dans les environs. Les soirs nous avons retrouvé de la chaleur au Hi Bar, autour de la guitare de Biu, :) le patron du rade en sirotant du Mandalay Rhum et en écoutant chanter les Birmans.
Nous avons ensuite rejoint le Lac Inlé, en train toujours, petit trajet de 4 heures en journée, à 10 km/h qui nous a permis de scruter le paysage. Pendant plusieurs jours on s'est baladé en vélo autour du lac et en barque sur le lac.
Les Inthars sont des tibéto-birmans qui ont quittés leurs montagnes du nord pour venir s’installer sur les rives du Lac Inlé, désormais haut lieu touristique du pays. Avec leurs 17 manières de pêcher on les trouve quotidiennement, à bord de leurs barques soit avec un filet de pêche conique, très caractéristique qu’ils enfoncent dans l’eau pour capturer les poissons, soit autre particularité, ils se tiennent debout sur leur barque et rament a l’aide de leur jambe afin d’avoir leurs mains libres pour sortir et suivre les filets disposés dans l’eau. Parfois, ils frappent l’eau avec leur rame pour effrayer les poissons qui vont risquer dans leur fuite de se retrouver « en filets » ! Ce lac est un lieu de vie avec ses villages sur pilotis, ses maisons de bois, ses plantations de tomates et autre jardins flottants, ses canaux tellement dépaysant.
La scène ne manque pas de charme lorsque à la tombée du jour le soleil se glisse dernière les montagnes qui bordent l’étendue d’eau…
Aux alentours du lac, entre les plantations de canne à sucre, de riz, de coton, de vignes, on croise des paysans sur des chars à bœufs, des ouvriers qui construisent une route, qui fondent du goudron au feu de bois dans des anciens bidons d’essence, les femmes portent des pierres sur leur tête... derrière la modernité de façade apparaît un manque cruel de développement.
Puis sur les traces de G.Orwell (Burmese days), nous avons reprise le train vers Katha. Petite ville portuaire, peu touristique, pour rejoindre Bhamo, toute une journée durant à voguer sur l'Irrawady, où nous avons passé une petite semaine tranquille où nous avons écouté s'il pleut !
| Pont en Bambou, reconstruit après chaque saison des pluies |
Puis de Bhamo, nous avons pris un bus pour arriver 24 heures plus tard à Bagan, site archéologique
bouddhique comptant 2834 monuments construits entre le 9ème et le 13ème siècle.
Puis c'est à 1 heure de Bagan, à Pakokku que nous avons passés notre dernière semaine... à écouter la pluie tomber, à jouer au foot au bord de l'Irrawady, à papoter avec les marchands et les voyageurs de passage.
Nous avons pris l'avion le 22 janvier 2015 (14 jours déjà !!) et après 24h à Bangkok nous sommes arrivés le 22 en Indonésie sur l'île de Bali.
Nouvelle culture, nouvelle langue, nouveau décor, un nouveau chapitre s'ouvre, rendez-vous dans quelques semaines pour de nouvelles...
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| Bali, Denpasar, cérémonie de crémation |